Après une fin de saison 2008 à suspense et une trêve estivale mouvementée, la Ligue 1 est actuellement dans les « starting-blocks ». En attendant le coup de sifflet décisif qui lancera le 77ème Championnat de France de football professionnel, les clubs ont passé l’été à se préparer pour la reprise. Et il faut avouer que certains partiront avec une longueur d’avance…
Le club des cinq
En mai dernier, Lyon était sacré champion pour la septième fois consécutive, accentuant ainsi le record national. Mais rappelez-vous, cela n’avait pas été si simple. Les gones avaient arraché leur succès sur le fil, au cours de la toute dernière journée à Auxerre. La faute à des Girondins ultra-réalistes, qui coururent après eux jusqu’au bout. Alors, le club de Jean-Michel Aulas pourra-t-il enregistrer un huitième titre d’affilé ?
La réponse à cette question semble évidente tant les Lyonnais ont dominé sur le plan technique l’an passé. Le vivier de talents présent dans le Rhône pousse en effet à croire que le club franchira une nouvelle fois la ligne d’arrivée en premier. Mais Lyon perd en stabilité d’année en année, de part ses changements d’entraîneur et les mouvements de ses joueurs. De plus, cette saison pourrait bien enterrer le 4-3-3 culturel vu l’abondance du milieu de terrain (Toulalan, Fabio Santos, Makoun, Bodmer, Kallström, Juninho, Delgado, Pjanic, Ederson). Difficile, vous l’aurez compris, de laisser six d’entres eux sur le banc à chaque rencontre. Comment évoluera donc cette équipe sous Claude Puel, adepte également du 4-3-3 avec Lille ? Autre interrogation de taille : comment se passera la transition Juninho, lui qui était incontestablement l’homme fort côté lyonnais ces dernières années, mais qui a perdu de sa superbe au fil du temps. Une chose est sûre, le féru de travail qu’est Claude Puel aura de quoi faire pour instaurer dans son nouveau club une saine concurrence.
La concurrence, voilà un mot qui pourrait revenir très souvent cette année, tant les poursuivants semblent s’être bien préparés. Alors c’est certain qu’il ne faudra pas attendre de la part de Diouf et Triaud, des déclarations franches sur leurs intentions de champion. Ce serait comme demander à Domenech de faire un tacle propre. Néanmoins les ambitions chez les deux derniers dauphins de Lyon sont belles et bien réelles. Ces deux clubs ont eux misé sur la stabilité, avec des arrivées de qualité.
A Bordeaux, Laurent Blanc a encore une fois montré qu’il avait du goût en recrutant Gouffran et Gourcuff. Des apports de percussion et de création essentiels, dans un secteur qui faisait défaut aux Girondins l’an passé.
Du côté du vieux port, c’est le secteur défensif qui péchait. Pour y remédier, Hilton et Erbate ont débarqué sur la Cannebière. Le premier est un des tous meilleurs libéros du Championnat alors que le second découvrira pour la première fois la Ligue 1. Des recrues intelligentes auxquelles viennent s’ajouter les imprévisibles Koné et Ben Arfa. Si avec ce Marseille là Eric Gerets ne se sent pas l’âme d’un Champion…
Laurent Roussey n’a lui, jamais eu ce problème. Champion il a été, champion il restera. Avé ! Trêve d’ironie, les Stéphanois ont réalisé un mercato plein de malice, qui pourrait bien leur permettre de se faufiler sur le podium de l’élite en fin d’année. Conserver le duo Feindouno-Gomis est une chose. L’améliorer avec le trublion Matsui et le renard Grax en est une autre. Saint-Étienne va-t-il donc continuer son ascension vers les sommets ? Les verts en prennent en tout cas le bon chemin.
A Nancy, on ne sait pas trop quelle route prendre. Les joueurs eux, si. Bien que tous les transferts ne soient pas entériner, les cadres filent loin de Marcel Picot. Kim a choisit le Qatar, Sauget le chaudron, Puygrenier le chaudron, la Bretagne, la capitale, le chaudron (encore) pour finir comme il l’a toujours voulu au Zenith, et Chrétien le Betis Séville. La défense est donc très chamboulée même si Ouaddou et Calvé sont arrivés pour les remplacer. Le point faible des Lorrains est donc ce manque de stabilité, qui avait pourtant fait leur force l’an passé. Alors que leur point fort est d’avoir engagé ce qui manquait dans l’équipe : un numéro 10. Vous ne le connaissez peut-être pas encore, mais ce Julien Féret, ex meneur de jeu de Reims, est un tout bon. Il pourrait bien mener Nancy vers un podium sur lequel ils ont quelque peu lorgné l’année dernière…
Vous l’aurez remarqué, mes cinq favoris sont aussi les cinq premiers du dernier exercice. Etrange… Pourtant le football (et principalement la Ligue 1) n’a jamais été une science exacte. Alors il ne serait pas étonnant que notre Championnat soit encore émaillé de bonnes et de mauvaises surprises. Au contraire c’est attendu. C’est d’ailleurs ce qui participe pour beaucoup (dont je suis) à la beauté de ce sport…
La surprise attendue !
Dans la catégorie des bonnes surprises à venir je demande donc : Lorient, Lille et Caen. Les trois clubs restent sur une saison réussie et ont opté pour la stabilité, une valeur dont Nancy connaît les bienfaits. Une expérience semble-t-il pas assez efficace pour que Monaco et Valenciennes s’en inspirent…
Lorient n’a perdu aucun de ses incontournables créateurs (Le Pen, Abriel, Vahirua, Saïfi) et sera une nouvelle fois bien entraîné par le druide breton Christian Gourcuff. De beaux jours sont à prévoir désormais sur cette région diluvienne.
A Lille, le déluge aurait pu avoir lieu mais il en a rien été. Les départs de Makoun et Puel à Lyon ont été effacé par les arrivés de Balmont et Garcia. Le LOSC, dont l’arme principale est le collectif, ne s’est donc pas trompé avec ces deux renforts.
Caen non plus ne s’est pas trompé. Le club a réalisé le gros coup du mercato avec la venue de Savidan. Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de le voir beaucoup jouer au VAFC, il y a fort à penser que les chaînes ne se bousculeront pas non plus pour diffuser le Stade Malherbe. Ceci-dit, si vous avez cette occasion, un petit conseil, ne la manquez pas car c’est un régal pour les yeux.
Ce qui ne le sera pas en revanche, c’est « l’équipe » de Ricardo. Monaco n’a toujours pas modifié sa politique sportive et on ne voit pourquoi ils se mettraient subitement à jouer. La défense, gros point noir sur le rocher, a du reste été conservée à l’identique… Attention pour la principauté de ne pas faire fuir son formidable public…
Celui de Valenciennes sera à coup sur un brin bougon. Comment recevoir le départ de leur idole et accepter l’avarice de leurs dirigeants ? De plus, Roudet, Doumeng et Ouaddou ont tous quitté Nungesser après une magnifique saison sans que personne ne les retienne… Des mauvaises surprises qui pourraient en masquer d’autres en cours de compétition…
Vous l’aurez bien compris, il y a des clubs dans l’élite qui seront amener à surprendre. Et puis il y a ceux dont on sait à l’avance quel sort leur est réservé…
Des poches pleines, des idées vides
Nice, Toulouse, Le Mans. A première vue, on ne voit pas trop ce que font ces trois clubs ensembles. Et puis au fil du mercato on commence à comprendre. C’est le tiercé gagnant des présidents qui aiment vendre pour ensuite…continuer à vendre.
Nice : Lloris, Balmont, Ederson, Koné.
Toulouse : Douchez, Dieuze, Battles, Emana, Elmander, Santos.
Le Mans : Calvé, Basa(?), Romaric, Sessegnon, Yebda, Matsui, De Melo, et en transféré d’honneur, Rudy Garcia.
Pour les Sarthois c’était écrit d’avance avec son président bien nommé Henry Legarda pour lui. A Toulouse c’était inévitable, donc il a fallu utiliser la méthode Sadran : « on sauve les meubles et on vend les pièces maîtresses loin de la concurrence, là où il y a moins d’impôts ». En revanche pour les Aiglons, on se demande bien qu’est-ce qui les ont poussé à prendre du plomb dans l’aile ?
Toujours est-il que ces trois clubs vont vivre une saison des plus délicates avec pour principal objectif de ne pas descendre. Mais ils ne seront pas les seuls. Sochaux, Auxerre et Grenoble seront également de la partie. Les deux premiers ayant obtenu difficilement leur maintien l’an passé, alors que le dernier n’a dû son billet pour l’élite qu’à l’effondrement de Troyes juste avant la ligne d’arrivée.
Si ces six équipes sont à priori un cran en dessous, il en reste quatre autres dont on ignore complètement quel pourra être leur rendement…
Le quatuor de la discorde
Autour de ces clubs remplis d’ambitions et de détermination se détache à mon sens, un groupe de quatre capables de figurer au plus bas de l’échelle comme aux sommets. Il s’agit de Paris et Rennes, et plus surprenant, du Havre et de Nantes.
Le PSG est en pleine « starification » et son recrutement en est un exemple supplémentaire. Des anciennes gloires arrivées telles des apôtres pour guérir les maux de ventre d’une jeune garde effrayée. La potion (paris est) magique sera-t-elle bien ingurgitée ?
Le stade Rennais est lui toujours dans les européens chaque année. Une constance à la lyonnaise qui donne des forces mais qui peut aussi monter à la tête. Les bretons sauront-ils la garder froide ?
Enfin terminons ce tour de France par deux petits nouveaux : Le Havre et Nantes. A l’image des coureurs français sur la grande
boucle, il est une chose qui ne change jamais en Ligue 1, c’est le spectacle offert par les promus chaque année. Le résultat est variable : certains arrivent à grimper parmi les premiers
alors que d’autres luttent en queue de peloton. Qu’en sera-t-il pour nos deux clubs historiques qui ont réussi leur recrutement en faisant signer respectivement Noro et
Klasnic ?
Le Championnat de France reprend ses droits dans moins de deux semaines et cette année plus que jamais, la concurrence sera au rendez-vous. Les poursuivants de Lyon ont mis les
bouchés doubles pour être compétitifs et jouer le titre, et même derrière, les ambitions sont présentes. Alors espérons surtout dans cet optimisme collégial, que c’est bien le jeu qui
primera. Pour le coup, ce serait un vrai nouveau départ.
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